Envolée des exportations de blé et d’orge
Les records d’embarquements attendus vers les pays tiers ne compenseront pas la baisse des débouchés intérieurs du fait des mesures de confinement.

À deux mois de la fin de la campagne commerciale céréalière 2019/2020, le blé tendre français confirme ses bonnes performances à l’export alors que les disponibilités des pays de la Mer Noire se font plus rares. Dans son bilan mensuel établi le 13 mai, FranceAgriMer a relevé de 100 000 tonnes (t) à 13,3 millions de t (Mt) ses prévisions de vente vers les pays tiers. Si ce niveau se confirme, ce sera un nouveau record depuis la campagne 2010/2011 (12,9 Mt). «Dans un contexte de hausse des cours mondiaux depuis la mi-mars, le blé français profite d’un regain de compétitivité sur les marchés internationaux face aux autres origines», explique Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre à la direction des études et marchés de FranceAgriMer. Les exportations hors pays de l’Union européenne (UE) se sont accélérées sur les mois de mars et avril. Si l’Algérie, le Maroc et l’Afrique subsaharienne restent nos principales destinations, la Chine a acheté près de 1,3 Mt de blé tendre français depuis le début de la campagne.
Stocks de blé tendre et de blé dur alourdis
Les prévisions de ventes de blé tendre français vers nos voisins de l’UE sont en revanche révisées une nouvelle fois à la baisse à 7,61 Mt (-130 000 t en un mois), en raison du ralentissement de la demande nord-communautaire pour l’alimentation animale. Sur le marché intérieur, les mesures de confinement prises à la suite à l’épidémie de Covid-19 ont provoqué une baisse des débouchés que FranceAgriMer avait déjà pris en compte lors de son bilan du mois d’avril (- 150 000 t pour la panification, - 50 000 t pour la biscotterie, biscuiterie et pâtisseries industrielles et - 150 000 t pour l’éthanolerie). Dans son bilan du mois de mai, l’organisme public n’a modifié que le poste alimentation animale en recul de 100 000 t à 5 Mt, le blé tendre souffrant d’une perte de compétitivité par rapport au maïs. Derniers ajustements en un mois : FranceAgriMer a porté la collecte à 36 Mt (+ 155 000 t) et abaissé les importations à 260 000 t (- 20 000 t). Au final, le stock de blé français atteindrait 2,86 Mt en fin de campagne (+ 254 000 t par rapport au mois dernier). Pour le blé dur, le stock de report est désormais prévu à 215 000 t (+ 186 000 t en un mois). FranceAgriMer a maintenu le débouché semoulerie à 530 000 t. Lors de son bilan du mois d’avril, l’organisme public avait rehaussé le poste de 40 000 t après l’explosion des ventes en GMS de pâtes durant les premières semaines de confinement. La collecte a été ajustée à 1,56 Mt (+ 13 000 t) en raison de la mise sur le marché de stocks détenus par les agriculteurs. Les exportations vers les pays de l’UE ont été majorées de 50 000 t à 1,05 Mt en raison d’achats italiens importants et celles vers les pays tiers de 10 000 t à 270 000 t du fait d’une demande accrue des pays du Maghreb. Les exportations de semoule et de farine gagnent, quant à elles, 5 000 t en un mois à 110 000 t.
Orge : bonne tenue du marché fourrager
Côté orges, les exportations sont portées par la bonne tenue du marché fourrager. Les prévisions de ventes vers l‘Union européenne atteignent désormais 3,78 Mt (+ 53 000 t par rapport au mois dernier). Les embarquements cumulés vers les pays tiers pourraient s’élever en fin de campagne à 3,65 Mt (+50 000 t), avec 3,3 Mt d’ores et déjà expédiées, dont 1,1 Mt vers la Chine et 0,7 Mt vers l’Arabie saoudite. Le marché de l’orge brassicole subit de plein fouet les effets du confinement et de la fermeture des restaurants et bars. FranceAgriMer garde inchangées ses prévisions du mois d’avril d’utilisation par les malteurs (255 000 t) qui avaient été corrigées à la baisse de 45 000 t mais minore de 30 000 t le poste exportations de malt. Concernant les autres postes du bilan orge, l’organisme public n’a rectifié en un mois que la collecte (+ 53 000 t à 11,53 Mt). Le stock de fin de campagne, en repli de 21 000 t à 1,85 Mt, se situerait au-dessus de la moyenne quinquennale (+ 587 000 t). Le stock français de maïs en fin de campagne pourrait, quant à lui, s’alléger de 197 000 t à 2,21 Mt. Peu de changement par rapport aux prévisions du mois d’avril. La collecte est prévue en retrait de 36 000 t à 10,29 Mt. Sur le marché export, les ventes vers les pays de l’UE restent dynamiques (+ 111 000 t à 3,83 Mt) du fait du différentiel de prix avec le blé tendre pour les débouchés alimentation animale et éthanol. Sur le marché français, FranceAgriMer n’a procédé qu’à un seul changement : le poste fabrication d’aliments du bétail est revu en hausse de 50 000 t à 2,7 Mt.
Année «moyenne» pour les céréales d’hiver
Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer, s’attend à des récoltes de blé tendre «dans la moyenne des cinq dernières années», entre 33 et 35 millions de tonnes (contre 39,5 Mt en 2019). Les cultures en place ont souffert d’un hiver très pluvieux puis d’un printemps irrégulier : sec d’abord puis très humide par endroits. Selon Céré’Obs, le service de suivi en ligne de FranceAgriMer, l’état des cultures des blés tendres était jugé «bon à excellent» à hauteur de 57 % au 4 mai, chiffre inférieur à celui de l’an passé à la même date (79 %). 11 % des blés avaient atteint le stade épi à 1 cm (contre 7 % en 2019), confirmant un état d’avancement des cultures d’environ trois jours. L’orge d’hiver présentait une avance plus conséquente (une semaine). Les conditions de culture, bonnes à très bonnes, étaient stables à 53 % (75 % en 2019).
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