Zoom sur l’exposition Usimages
Du samedi 27 avril au samedi 15 juin, se déroule Usimages, Biennale de la photographie industrielle, sur les communes du territoire de l’Agglomération Creil Sud Oise. Pour cette 3e édition, 12 expositions gratuites et ouvertes à tous s’installent dans les communes de Cramoisy, Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise, Rousseloy, Saint-Leu-d’Esserent, Saint-Maximin et Villers-Saint-Paul.

Selon Chahdortt Djavann, romancière et anthropologue iranienne, «La photo, c’est un instant saisi, le plus fort, le plus touchant, le plus douloureux.» Cette 3e édition de la Biennale Usimages s’attache à explorer les relations qu’entretient la photographie à la commande d’entreprise. Elle soulève également la question de pouvoir témoigner ou non aujourd’hui des réalités du monde du travail. La programmation se veut être un espace de recherche qui interroge dans les expositions historiques et contemporaines sur le rapport des artistes à la commande industrielle.
Une image vaut mieux que mille mots
Même si les questions de sécurité ou de secret de process empêchent bien souvent la réalisation de photographies, l’entreprise semble ne vouloir garder ni la mémoire des hommes, ni celle des images. Comme si cette amnésie organisée permettait une gestion plus facile du démantèlement et de la disparition en cas de crise. La programmation s’articule autour d’expositions de photographes internationaux contemporains qui nous plongent, chacun à leur façon, dans l’univers plus ou moins humanisé des entreprises.
C’est le cas pour les images de Michele Borzoni de call centers ou de centres logistiques qui nous poussent à imaginer ce que l’image ne représente pas : la consommation à flux tendu avec d’un bout à l’autre de la chaîne le consommateur et le robot préparateur de la commande.
On retrouve ce même sentiment dans le travail d’Edgar Martins sur l’usine BMW de Munich. Ici les espaces de production sont cliniques, aseptisés, robotisés, et les humains réduits à des mannequins utilisés pour les crash tests. Ces nouvelles représentations du travail sont bien loin des photographies qui ont construit l’idéologie des Trente Glorieuses et de l’après-guerre, où l’ouvrier et son outil de production étaient au service d’un progrès qui améliore les conditions de vie. En se plongeant dans les archives de la CGT, et en particulier dans les couvertures de La Vie Ouvrière, on traverse cette période avec l’angle du regard syndicaliste. Réalisées par des photographes professionnels, ces photographies de commande servent à la dénonciation, et aux revendications défendues par le syndicat. À cette même époque, entre 1956 et 1966, Jean-Pierre Sudre travaille dans de grandes entreprises pour lesquelles il réalise des albums photographiques. La diversité de ses clients l’amène à prendre des images chez de nombreux sous-traitants pour lesquels il s’exerce à une photographie appliquée.
Présenté pour la première fois dans une grande exposition, on découvrira un photographe curieux et attentif à la fois aux formes industrielles et aux travailleurs, laissant bien souvent libre court à son regard dans le cadre contraint de la commande.
L’automobile est aussi l’un des fils conducteurs de cette édition avec certains photographes précédemment cités, mais également à travers une exposition du Fonds d’archives de Renault, qui présente une série inédite de photographies couleurs réalisées en 1960 sur la chaine de montage de la Renault Floride dans l’entreprise Brisonneau-Chausson.
Plus proche de nous et sur des technologies d’avenir, Matjaž Krivic s’intéresse à la route du Lithium, et la quête de ce combustible pour les batteries des véhicules électriques. De l’extraction à la fabrication des batteries et à leur mise en fonction dans les automobiles chinoises, le photographe questionne par ses images notre capacité à épuiser les ressources naturelles pour fournir de l’énergie. Y’a pas photo ! Cette exposition réserve encore bien des surprises.
Les visites
Visites commentées des expositions
Pour des groupes constitués dans différents lieux d’expositions : à l’Espace Matisse et à la Maison du Projet et à l’Île Saint-Maurice à Creil, à la Maison de la pierre du Sud de l’Oise à Saint-Maximin, au Sarcus, Centre d’affaires et d’innovation sociale à Nogent-sur-Oise et à la médiathèque de Saint-Leud’Esserent. Ces visites sont gratuites sur inscription auprès de : mediation@diaphane.org
Une visite pour un ticket de bus
Visites en autonomie sur une demi-journée de plusieurs lieux en intérieur et en extérieur. La liaison entre les lieux se fait collectivement en bus de ville, grâce à un parcours identifié dans le réseau de bus existant.
À vélo
En partenariat avec l’Association des usagers du vélo, des voies vertes et véloroutes des Vallées de l’Oise (AU5V), les participants font la tournée des parcs et jardins à vélo pour découvrir avec un médiateur les différentes expositions extérieures. Ce parcours est accessible à tous et effectué à allure modérée, les familles sont les bienvenues (les mineurs doivent être accompagnés).
Les supports pédagogiques
Un dossier pédagogique, téléchargeable en ligne, permet aux enseignants de préparer leur visite et de se rendre dans les lieux d’exposition avec leur classe, en autonomie. Ce document est mis à disposition dans les lieux d’exposition en intérieur. Des livrets-jeux à destination du jeune public sont également à la disposition des visiteurs dans les espaces d’exposition en intérieur.
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