L'Oise Agricole 03 avril 2025 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Un groupe sénatorial réfléchit à l’utilisation de drones

C’est dans l’Oise que le groupe d’études Agriculture, élevage et alimentation du Sénat, présidé par le sénateur Laurent Duplomb, est venu se faire une idée de l’utilisation de drones pour la pulvérisation en agriculture.

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Luc Smessaert, Henri Cabanel, Laurent Duplomb et Pierre Cuypers devant le drone suisse de pulvérisation.
Luc Smessaert, Henri Cabanel, Laurent Duplomb et Pierre Cuypers devant le drone suisse de pulvérisation. - © DLC

Accompagné des sénateurs Henri Cabanel, de l’Hérault, et Pierre Cuypers, de Seine-et-Marne, Laurent Duplomb, le co-initiateur de la loi Entraves, est venu chez Alexandre Prot, aux vergers de Sennevières, à Chèvreville, «car nous nous interrogeons sur l’utilisation des drones dans les traitements phytosanitaires».
Les sénateurs ont été sollicités notamment par des producteurs de bananes qui assistaient à la visite. En effet, les traitements aériens, autorisés en Europe et interdits en France, les empêchent de lutter contre des maladies. «On ne peut traiter que manuellement par le dessous des plants, ce qui est dangereux pour l’opérateur, alors que la maladie progresse par le haut du bananier», expliquent-ils. La banane française, avec des moyens de lutte limités, perd des parts de marchés face à celle du Costa Rica.
«Par cette visite et cette démonstration, nous voulons nous donner les moyens d’être objectifs et de voir par nous-mêmes ce que peut apporter ou pas le drone. Pas de refus dogmatique, mais la volonté d’ouvrir le débat face à une concurrence déloyale subie par les producteurs français», plaide le sénateur Duplomb.
Comme le traitement par drone est impossible en France, c’est la société suisse Agri.aero, qui a amené un de ses modèles. Celui-ci pèse 100 kg et embarque une cuve de 40 l. Des buses rotatives épandent la bouillie préparée à l’avance dans une cuve plus grande. Il faut refaire le plein toutes les 7 minutes environ.
Le plan de vol est déclaré au préalable à l’équivalent suisse de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), le pilote est formé à la conduite de l’engin et à l’épandage de produits phytosanitaires. Et surtout, un repérage préalable est effectué par un passage à vide du drone. Ensuite, son parcours est totalement automatisé et tracé. Ses hélices indépendantes lui permettent d’être toujours stable malgré le vent. Bien entendu, il est hors de question de réaliser des traitements par journée venteuse. La démonstration est réalisée avec de l’eau au-dessus des pommiers d’Alexandre Prot.
Ensuite, des scientifiques de l’Inrae et d’Agroscope, son équivalent suisse, viennent exposer les résultats des expérimentations. Celles-ci concluent que les risques liés au drone sont équivalents à ceux d’un pulvérisateur au sol, mais avec beaucoup moins de risques pour l’opérateur. Les risques de dérive ne sont pas plus importants si les bonnes buses et les précautions d’usage sont respectées, comme pour n’importe quel traitement.
À terme, les avancées technologiques permettront aux drones d’être plus précis et efficaces. En Suisse, couplé à un traitement au sol contre le mildiou sur des vignes en forte pente, le drone permet des efficacités record. De quoi alimenter la réflexion des sénateurs qui voudraient que le drone soit considéré comme un outil de traitement au sol.

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