Tournée régionale pour l’emploi et la formation en Hauts-de-France
Le mardi 28 janvier, la FRSEA Hauts-de-France a accueilli la tournée régionale de la commission emploi-formation de la FNSEA. L’occasion de faire le point sur les négociations en cours et d’échanger sur les enjeux de l’emploi agricole et de la formation pour les Hauts-de-France.

Devant une assistance de plus de 40 personnes, Laurent Degenne, président de la FRSEA, et Marc Droy, rrésident de la Commission régionale emploi-formation (CREF), ont accueilli, dans le cadre de la tournée des régions, Jérôme Volle, président de la commission nationale emploi-formation de la FNSEA, et Mickael Jacquemin, membre de la Commission nationale et président Anefa. L’objectif de cette journée était d’expliquer les nouvelles dynamiques de l’emploi et de la formation au niveau national tout en apportant des réponses aux acteurs de l’emploi/formation de la région Hauts-de-France.
Proch’Orientation : tous ambassadeurs !
Dans un premier temps, Marc Droy a présenté les principaux sujets stratégiques de l’emploi en Hauts-de-France : dialogue social, conditions de travail et attractivité des métiers. Avec 9.645 exploitations employeuses et plus de 16.800 ETP salariés, l’emploi agricole en Hauts-de-France est stratégique dans la création de valeur ajoutée sur le territoire. Les participants ont relevé les difficultés à recruter de la main-d’œuvre salariée, pour les travaux saisonniers ou de manière pérenne. Cette difficulté peut aller jusqu’à entraîner la fermeture d’un atelier sur les exploitations et la perte de valeur qui va avec. Aussi, les représentants professionnels des Hauts-de-France ont particulièrement insisté sur l’importance de la promotion des métiers de l’agriculture.
À ce sujet, le Conseil régional est un partenaire intéressant puisqu’il propose la démarche Proch’Orientation visant à faire connaître les métiers, tous secteurs confondus, auprès des jeunes. La démarche est simple. Pour devenir ambassadeur, il suffit de s’inscrire sur le site du Conseil régional Proch’Orientation. Cette initiative permet aux agriculteurs de devenir les ambassadeurs de leur métier en transmettant et partageant leur expérience auprès des structures scolaires de la région. Une démarche positive permettant aux agriculteurs de devenir porte-parole de la profession. Le but est de donner envie aux nouvelles générations d’intégrer le milieu agricole. Vous pouvez vous inscrire sur www.proch’orientation.fr.
Premier employeur des communes rurales
D’après les résultats de l’observatoire de l’emploi-formation dans 22 % des communes des Hauts-de-France, l’agriculture est le premier employeur et 72 % de celles-ci comptent au moins 1 emploi en agriculture. Même si un recrutement sur deux est jugé difficile par les employeurs (Pôle Emploi BMO 2019), 15.966 projets de recrutements ont été réalisés en 2019, soit + 15% par rapport à 2018. Les trois postes les plus recherchés pour les intentions d’embauches en CDI sont les agents d’élevage ou de culture, les conducteurs d’engins agricoles et des postes en agent de conditionnement (Ifop/FNSEA, 2018).
Les principaux enjeux sont donc d’attirer et fidéliser les salariés. La perspective du futur canal Seine-Nord Europe suscite d’ailleurs des craintes quant à la fuite de main-d’œuvre vers les secteurs des travaux publics, bénéficiant peut-être d’une meilleure image que l’agriculture.
La convention collective nationale
L’agriculture est, avec le bâtiment et la métallurgie, l’un des trois secteurs professionnels à avoir choisi de s’appuyer sur l’échelon territorial pour négocier des conventions collectives. Ainsi, on dénombre en France plus de 140 conventions collectives territoriales agricoles qui s’appuient sur le département et le type de production (grandes cultures, arboriculture, viticulture, élevage…). Cette construction est complétée au niveau national par une trentaine d’accords thématiques (durée du travail, dialogue social, protection sociale…).
En 2016, la loi Travail, puis par les ordonnances Macron obligent le milieu agricole à reconfigurer ses conventions pour aboutir à une unique convention nationale. Il faut donc repositionner le dialogue social territorial au regard de la future convention collective de la production agricole et des Cuma en s’appuyant sur deux objectifs : répondre aux besoins de compétitivité des entreprises agricoles et créer un dispositif conventionnel simple et sécurisé qui réponde au nouveau cadre juridique. En respect avec le cadre légal, la FNSEA a engagé un projet de reconfiguration des conventions collectives pour négocier une convention unique commune à tous les départements et toutes les productions.
Tout cela engendre de nombreux chamboulements dans l’organisation du dialogue social. Désormais, le niveau territorial n’aura plus à traiter l’ensemble des thématiques (salaires minima, classification...) ; néanmoins, il restera compétent sur des thématiques spécifiques telles que les primes, l’ancienneté ou le travail à la tâche… En parallèle, un plus grand espace de négociation sera ouvert au niveau de chaque entreprise. Compte tenu de la conclusion prochaine d’une convention collective nationale, les conventions collectives territoriales devront être adaptées.
Jérôme Volle a rappelé l’importance du maintien d’un dialogue social actif et qualitatif au niveau des territoires. Si la négociation salariale ne sera plus du ressort du dialogue social territorial, de nouvelles thématiques telles que la gestion des compétences, l’amélioration des conditions de travail, l’attractivité des métiers, le développement de l’apprentissage, seront désormais au cœur du dialogue social. Les commissions paritaires départementales ou régionale se mobilisent autour de ce nouveau cap.
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