«Se rassembler pour une agriculture citoyenne et durable»
Claire Josselin, agricultrice à Méry-la-Bataille, situé à une vingtaine de kilomètres de Compiègne dans l’Oise, succède à Willy Balderacchy en tant que présidente de la section ovine de la FDSEA 60 et à Olivier Varlet pour le SEA de Maignelay-Montigny.

Pouvez-vous présenter votre parcours et ce qui vous a amenée à l’agriculture ?
Depuis toute petite, lorsque je rentrais de l’école, j’aidais mon père dans la bergerie. Mes vacances scolaires étaient occupées à conduire le tracteur, boucler les agneaux, la passion de l’agriculture me suivait déjà. Le déclic s’est réalisé lors de mes études au lycée, en seconde. J’ai tout de suite compris que l’enseignement général n’était pas fait pour moi. c’est pourquoi j’ai orienté mes études vers le cursus de technique agricole en étudiant au Paraclet et à Chauny pour ensuite finir par un BPREA au lycée agricole d’Airion. Deux ans plus tard, après mon BPREA, mon oncle a décidé de reprendre une ferme dans le Loir-et-Cher et m’a donc proposé de reprendre son exploitation. Une belle opportunité car, il est vrai, dans le monde agricole actuel, trouver cette possibilité d’acquérir une ferme est une occasion en or.
Je me suis installée en octobre 2016, sur 2 structures. La première est un atelier de poules pondeuse plein air bio et la deuxième concerne la vente directe de viande d’agneau en caissette. De plus, J’ai mis en place un distributeur automatique avec des produits fermiers, chose que mon oncle n’avait pas. J’ai également un atelier de poules pondeuses pleinn air. Les gens sont très satisfaits de la vente directe. C’est incroyable de voir l’engouement pour ce type de commerce. Ceux que je rencontre me demandent pourquoi ça n’existe pas depuis plus longtemps !
Qu’est-ce qui vous a amenée au syndicalisme ?
Pour ma part, il faut agir plutôt que subir ! Défendre sa position dans l’agriculture est primordiale dans les temps qui courent. Le rôle du syndicat est d’accompagner chaque exploitant, quelle que soit sa taille, dans toutes les épreuves qu’il doit surmonter.
La lutte du moment est bien évidemment l’agribashing, les intrusions et le vandalisme dans nos exploitations agricoles. Nous sommes des gens comme les autres, nous aimons notre métier comme nous aimons nourrir les personnes. Nous devons accentuer nos efforts afin de donner une belle image de l’agriculture afin d’abolir ce genre de comportement.
Quelles seront les actions que vous allez mener en tant que président de la section ovins au sein de la FDSEA ?
Dans ce village, ma famille élève des moutons depuis bien plus de 50 ans. Il était logique de poursuivre cette activité. Cependant, au fur et à mesure des années, nous sommes de moins en moins d’éleveurs ovins. Des groupes de travail sont déjà mis en place avec Stéphanie Sevry, conseillère ovins et caprins à la Chambre d’agriculture de l’Oise.
Ces dispositifs sont mis en place tout au long de l’année, tous les deux à trois mois. Nous avons également des rendez-vous techniques chez différents éleveurs du département afin d’échanger sur nos méthodes, que ce soit de pour la contention, la ration et autres... C’est également un moment convivial pour partager entre passionnés, une chose qui se fait de plus en plus rare de nos jours.
Vous êtes également présidente du SEA de Maignelay-Montigny, quelle(s) est(sont) la(es) particularité(s) de ce secteur ?
Nous devons redynamiser l’agriculture de notre canton. Les villages s’urbanisent de plus en plus, avec la venue notamment de Parisiens venant se reposer ou bien se distraire a la campagne. Oui, mais à quel prix ? Nous devons leur démontrer que nous sommes acteurs de la société pour ne pas dire maillon de la chaîne primordiale à notre développement humain : terres céréalieres, betteravières, notre pain et notre sucre se produisent majoritairement dans notre région. Par conséquent, des échanges inter-villages vont être mis en place afin de mieux se connaître et d‘échanger sur notre manière de cultiver. D’ailleurs, nous nous réunirons très prochainement.
Aujourd’hui et à l’avenir, comment voyez-vous l’agriculture ?
Nous avons une agriculture qui est pointée du doigt par les journalistes : nous sommes pollueurs, bruyants, tueurs… Du coup, il faut un maximum échanger avec les citoyens et les consommateurs pour faire découvrir, redécouvrir, expliquer notre si beau métier via des portes ouvertes, villages fermiers… ou même être mobilisés sur les réseaux sociaux. Il faut également comprendre les attentes de la société et nous devons nous rassembler autour d’une agriculture innovante, citoyenne et durable.
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