«Nos étudiants sont l’avenir de l’agriculture»
Compte tenu de l’importance de l’agriculture en Hauts-de-France, mais aussi pour soutenir l’émergence d’une nouvelle génération d’agriculteurs, le Conseil régional a accordé une attention particulière aux lycées agricoles publics en votant un programme prévisionnel d’investissement d’un montant de 85 millions d’euros sur cinq ans, qui leur est spécialement dédié. Manoëlle Martin, vice-présidente du Conseil régional en charge des lycées, intervient à ce sujet.

Quel est le but de ce programme d’investissement ?
C’est un constat très important que l’on a dressé dès que nous sommes arrivés à la tête de la Région, sur les difficultés agricoles. Ma collègue Marie-Sophie Lesne a très rapidement pris en charge cette difficulté puisqu’elle a voté un schéma régional à destination de l’agriculture. Puis le président nous a demandé de décliner ce schéma dans nos délégations afin d’aider le monde agricole. Pour ma part, il m’est apparu de manière très évidente qu’un lycée agricole n’a pas les mêmes coûts qu’un lycée général.
Parce qu’en fait, nos lycées agricoles sont d’une très grande qualité sur notre territoire et surtout qu’ils gèrent de véritables exploitations agricoles qui accompagnent l’enseignement. Il faut donc bien s’occuper de ces fermes, bien les entretenir.
Si on peut faire une comparaison, certes extrême, le prix d’un tracteur n’est pas le même que celui d’une pipette. Et donc, on s’est décidé à dédier un financement spécifique aux 17 lycées publics agricoles afin de montrer la puissance agricole française dans notre région.
Comment avez-vous choisi les lycées ?
Quand je suis arrivée, tous les lycées, agricoles ou non, m’interrogeaient sur les demandes d’aides qu’ils avaient formulées. Les réponses étaient soit négatives, soit positives, mais pas suivies d’effets. J’ai donc voulu avoir une photographie de la région à l’instant T et j’ai demandé aux services de la région d’aller dans l’ensemble des établissements afin de mesurer les attentes des lycées au niveau des investissements. C’est-à-dire combien faut-il ? Mais surtout qu’elle est la priorité ? Sur cette dernière question, il fallait les classer de 1 à 4 en fonction des priorités. On a par la suite consolidé toutes ces demandes. Lorsque l’on a fait l’analyse, il y avait plus d’un milliard d’investissements à l’échelle des Hauts-de-France. Alors, on a décidé de garder les priorités les plus importantes «1,2,3».
Chaque établissement recevra une somme en fonction de ses demandes d’équipements, d’infrastructure. Par exemple, la sécurisation de l’entrée de certains établissements a été estimée à 1,5 millions d’euros. Par contre, les directeurs d’établissement peuvent choisir qu’elles sont les priorités importantes, nous nous axons sur un point non négociable : la sécurité de l’établissement. Après c’est aussi un programme prévisionnel, on n’est pas à l’abri d’une catastrophe naturelle par exemple. Dans ce cas-là, on revoit et on réajuste les priorités.
La formation des jeunes est-elle la clef de l’agriculture de demain ?
Xavier Bertrand pense que, pour développer la région des Hauts-de-France, il faut suivre les jeunes pour qu’ils puissent être mieux formés afin de réussir sur le marché de l’emploi. On sait que, sur notre territoire, on a énormément d’agriculture, d’agriculteurs et d’agricultrices. Donc les jeunes doivent être les plus performants dans des établissements adéquats afin qu’ils puissent rester sur notre territoire au lieu de partir ailleurs. Ce programme prévisionnel d’investissements devrait être terminé en 2021.
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