L'Oise Agricole 26 janvier 2017 a 08h00 | Par Bernard Leduc

Lin 2000: bons résultats d'une filière qui doit éviter la surproduction

Les adhérents de Lin 2000 et la Cuma linière étaient invités à participer aux assemblées générales de leurs coopératives le 24 janvier, à Daméraucourt.

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- © Bernard Leduc

Cette assemblée statutaire était appelée à statuer sur les comptes de l'exercice clos au 30 septembre 2016. Retour donc à la fois sur les deux dernières campagnes linières, au moins pour le lin fibre, puisque le teillage des lins récoltés est réparti presque tout au long de l'année.

Mais il était aussi rappelé les autres activités de la coopérative, dans les domaines du lin oléagineux, de la production de semences, ou encore de la production de chaleur, et tous les efforts menés pour valoriser l'ensemble de la production des adhérents, pour des débouchés très divers.

C'est Nicolas Defransure, le directeur de la coopérative, qui a fait la synthèse des campagnes passées, très différentes du fait des conditions climatiques. La récolte 2015 a donné un rendement moyen de 5.722 kg de paille/ha, dont 1.233 kg de filasse, avec des fibres courtes, sur un total de 1.198 ha teillés pour la coopérative; pour la récolte 2016, le rendement a été supérieur, avec 6.705 kg de paille dont 1.392 kg de filasse, mais avec d'énormes écarts entre parcelles.

Le prix moyen sur la récolte 2015 a de nouveau connu une amélioration, s'établissant à 2,37EUR/kg de filasse, très variable selon les qualités, qui sont très segmentées ; la coopérative de Grandvilliers fait en effet énormément de tri pour valoriser au mieux les produits de leurs adhérents. Et malgré le rendement relativement faible, en partie compensé par ce niveau satisfaisant de prix qui a permis une très bonne valorisation des filasses, et une richesse en fibres à un niveau correct (21,84 %, soit près de 2 % de plus qu'en 2014 grâce à d'excellentes conditions de rouissage), la recette moyenne s'est établie à 2.436 EUR à l'ha, en baisse d'environ 10 % par rapport à l'année précédente, incluant la valorisation des co-produits que sont les étoupes, les graines et les anas.

 

Baisse du coût du teillage

«Probablement, le facteur le plus important pour contenir cette baisse de notre recette est la diminution de notre coût de teillage» expliquait le président Sébastien Jumel. Cela est la conséquence d'un plan de reconfiguration de l'usine de Grandvilliers et la remise en service de la deuxième teilleuse du fait de l'augmentation des tonnages de paille travaillés.

Cela a représenté un investissement de 1,2 million d'euros, comprenant plusieurs modifications, dont l'installation de nouveaux broyeurs et d'un diviseur sur la deuxième ligne de teillage, qu'il est prévu de remplacer progressivement; le changement des batteurs est envisagé pour 2018. La pertinence de ces décisions est prouvée par les coûts de teillage, qui sont passés de 450EUR de l'heure sur les lins de la récolte 2014, à 370 pour ceux de 2015, ou de 19 centimes du kilo de paille pour 2014 à 15,7 centimes d'euro pour 2015.

 

Ne pas entrer en surproduction

Pour la récolte 2016, le rendement en paille est moyen et en filasses à l'hectare, le niveau aussi est considéré comme correct. Et les débouchés sont trouvés pour l'ensemble des matières, quelles que soient les qualités.

Les prévisions de production pour la récolte 2016 se situent aux alentours de 155.000 tonnes et les prévisions d'emblavement 2017 sont en lègère hausse. Mais, même si les stocks sont bas, les opérateurs sur le marché, dont ceux de l'union commerciale Linen Partners, sont très vigilants, craignant une pression baissière des clients : attention donc «à ne pas entrer en surproduction» disait le président, rappelant que la culture du lin ne peut être gérée comme un opportunité : «on ne cultive pas un hectare de lin comme on cultive un hectare de blé», il faut surtout de la passion pour cette culture, «une passion du détail, une passion d'excellence pour en tirer tout son potentiel... et un maximum de revenus».

Nicolas Defransure a aussi rappelé l'activité semences, qui représente 35% du chiffre d'affaires de la coopérative, avec seulement deux personnes. Et les activités portent à la fois sur le lin tectile, en variétés d'hiver ou de printemps, le lin oléagineux de printemps, et le lin oléagineux d'hiver dont les surfaces sont en très forte progression. En lin oléagineux, Lin 2000 représente 98% des parts de marchés, expliquait Sébastien Jumel. à ces activités s'ajoutent des marchés de niche pour les co-produits et la production d'énergie, par la chaudière qui a brûlé 1.720 tonnes d'anas sur l'exercice, en légère diminution. Mais cette activité donne désormais entière satisfaction aux dirigeants de la coopérative et à ses partenaires.

La coopérative a réalisé un chiffre d'affaires jamais atteint. Sur cet exercice 2015, le résultat a été de 668.764 EUR, qui reflète la bonne santé financière de la coopérative qui souhaite avant tout satisfaire ses clients, «c'est la base pour maintenir nos prix et développer le lin sur nos exploitations», disait Sébastien Jumel.

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