Eclaircie en vue pour l’alimentation animale en 2017
Après dix ans de baisse continue, le secteur de la nutrition animale a marqué le coup en 2016, avec une baisse encore plus forte que les années précédentes. Après les difficultés les plus lourdes, 2017 pourrait finir sur une activité en hausse.

L’année 2016 «a été difficile pour l’alimentation animale à cause des crises de l’élevage qui ont touché les bovins, les porcs et les palmipèdes», a expliqué François Christian Cholat, le président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) en ou-verture de l’assemblée générale tenue à Arras le 19 mai. «Tous les feux sont au rouge», a-t-il alerté, précisant les chiffres clés de la profession : les volumes ont atteint 20,4 millions de tonnes, en recul de 3,7%, ce qui représente 800 000 tonnes d’aliments qui n’ont pas été produits l’année dernière. Avec à la clé, une baisse pour les industriels, dont le chiffre d’affaires a reculé dans des proportions identiques aux volumes.
Pour mémoire, le dernier chiffre d’affaires de la profession s’éta-blissait à 6,7 milliards d’euros en 2015, d’après l’enquête Prodcom menée par Agreste. Depuis dix ans, l’activité des fabricants français est en décrue régulière d’environ 1 % par an. Les plus fortes baisses sont enregistrées pour les palmipèdes (- 17 %), les vaches laitières (- 8,1 %), les truies (- 4,4 %) et les porcs en engraissement (- 4 %). Quelques segments sont toutefois en hausse, sans compenser les pertes : les caprins et ovins, les bovins non-laitiers, les dindes et les poissons.
La réduction des capacités industrielles toujours d’actualité
Conséquence en 2017 : «Potentiellement, onze usines devraient disparaître cette année», selon le président du syndicat. Les indus-triels sont parvenus à «serrer les boulons en 2016 et éviter ainsi les fermetures», souligne François Christian Cholat. Les premiers mois sont meilleurs que l’an dernier, selon lui, qui prévoit une année 2017 placée sous le signe la reconquête du marché intérieur. Les élevages de porcs devraient recommencer à tirer parti de la demande. «C’est une année particulière, il faut s’adapter et réfléchir pour envisager l’avenir». Une fois le marché intérieur remis sur pieds, le Snia estime que la profession pourra se tourner résolument vers l’export. La priorité a été donnée aux fabricants d’additifs et de prémélanges d’additifs et les négociations pour l’ouverture du marché chinois aux aliments composés seront ouvertes dans un second temps.
Des raisons d’espérer, mais aussi de rester prudent
Il existe toutefois un risque de pertes de marchés en France liée à l’arrivée d’investisseurs étrangers, à l’image du néerlandais Plukon qui a racheté le volailler Duc. «Il y a une menace pour les fabricants français d’aliments car ces nouveaux opérateurs pourraient avoir recours à des fournisseurs d’aliments étrangers», prévient le président. Plusieurs questions restent en outre sans réponse : la filière des palmipèdes qui redémarre actuellement connaîtra-t-elle un nouvel épisode d’influenza aviaire, la volaille retrouvera-t-elle le chemin de l’export, les cours du lait se maintiendront-ils à un niveau satisfaisant ? Actualité oblige, le Snia émet ses recom-mandations au nouveau gouvernement. François Christain Cholat, qui se dit impatient de rencontrer le nouveau ministre de l’Agriculture Jacques Mézard, souhaite que le gouvernement agisse sur plusieurs dossiers : les simplifications administratives, la fiscalité, l’innovation, l’harmonisation européenne, l’étiquetage, le transport, etc.
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