Aides à la trésorerie: premiers versements attendus mi-décembre
Réclamées depuis des mois par le syndicalisme majoritaire, promises par l'exécutif, les aides à la trésorerie devraient faire l'objet de premiers versements «aux alentours du 15 décembre», selon le président de la FNSEA. Selon lui, «au moins la moitié des exploitations françaises auront besoin de ces relais».

Promises début 2024 par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, les aides à la trésorerie devraient se concrétiser avant la fin de l'année. Interrogé sur France Info le 20 novembre, Arnaud Rousseau a annoncé que «les premiers fonds pourraient être libérés aux alentours du 15 décembre». Un calendrier cohérent avec les déclarations de la ministre de l'Agriculture : «Avant la fin de l'année, ceux qui ont besoin d'être soutenus dans leur trésorerie seront soutenus», a assuré Annie Genevard sur France 2 le même jour.
Début novembre, la ministre présentait les deux dispositifs en préparation dans un entretien à Agra Presse : des prêts bonifiés à moyen terme et des prêts de restructuration garantis par l'État. L'échéance de mi-décembre concerne les premiers, qui constituent l'outil le plus rapide à déployer ; le second dispositif d'aide est annoncé par le ministère pour «début 2025».
Rappelant que ces aides avaient été promises début 2024 par Gabriel Attal, le patron de la FNSEA a indiqué être «un peu plus confiant cette fois-ci, parce que les banquiers se sont engagés». Et M. Rousseau d'estimer qu'«au moins la moitié des exploitations françaises auront besoin de ces relais». Mais «il faudra aller plus loin», estime encore le responsable syndical, qui demande des allègements des charges.
Cela fait plusieurs mois que les syndicats majoritaires réclament ces aides pour renflouer les trésoreries des exploitations en difficulté. Pour de nombreuses productions, la situation s'est encore aggravée au cours de l'été : propagation de la fièvre catarrhale ovine (FCO), moisson catastrophique - la pire depuis quarante ans -, vendange en berne, etc.
Sans oublier un automne très pluvieux qui a pénalisé les récoltes des cultures d'été et les semis des cultures d'hiver.
Seuil de pertes à 20 % du chiffre d'affaires
Dans un communiqué du 15 novembre, le ministère de l'Agriculture avait précisé les modalités des deux dispositifs d'aides à la trésorerie. Le premier est destiné aux agriculteurs qui «traversent des difficultés conjoncturelles, du fait d'aléas climatiques ou sanitaires». Il consistera en des prêts bonifiés à moyen terme (deux à trois ans) plafonnés à 50.000 EUR par exploitation : «grâce à un effort partagé entre la banque prêteuse et l'État», leur taux d'intérêt sera au maximum de 1,75 % pour 24 mois et de 2,35 % pour 36 mois. «Une bonification supplémentaire sera octroyée aux jeunes installés depuis moins de cinq ans», précise le ministère (1,5 % maximum sur 24 mois, 2,15 % sur 36 mois).
Pour être éligibles à cette aide, les agriculteurs doivent avoir perdu «au moins 20 % de leur chiffre d'affaires en 2024, par rapport à leur moyenne historique de référence».
Pour les exploitants qui disposant disposent d'une épargne de précaution, ils doivent aussi avoir «activé au moins 60 % du montant de leur épargne de précaution». Pour ceux qui ne détiennent pas d'épargne de précaution, ils «seront bien éligibles au dispositif sous réserve du respect du critère de perte de chiffre d'affaires», précise la Rue de Varenne.
Quant au second dispositif, il viendra «soutenir les agriculteurs qui traversent des difficultés plus structurelles, du fait, par exemple, de l'impact du changement climatique». Ces «prêts de consolidation à long terme» (12 ans maximum) seront «adossés à une garantie publique» de la BPI France «à travers un dispositif nouvellement créé dédié aux agriculteurs», dont le coût sera remboursé par l'État. Les pouvoirs publics couvriront «70 % du montant du prêt», qui sera plafonné à 200 000 EUR.
En contrepartie de cette garantie, «chaque banque s'engagera à faire un effort sur les conditions financières pour en minimiser le coût pour le bénéficiaire», ajoute le ministère. Les agriculteurs éligibles sont ceux «dont le taux d'endettement global est supérieur à 50 % ou dont le rapport EBE/chiffre d'affaires est inférieur à 25 %». Selon le ministère, les deux dispositifs feront l'objet d'un «suivi régulier» au sein du Comité des financeurs publics, «sous l'égide du préfet».
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